Reportages > Les Murs


     Je photographie des Murs érigés par des hommes pour diviser les hommes.

     Je photographie les murs car photographier, c’est construire un pont entre les hommes.

 

1. LE MUR DE BERLIN / BERLINER MAUER

Ce photo-reportage à été motivé par le problème majeur de la disparition physique d’un lieu fort en histoire : le Mur de Berlin et donc des risques d’oubli pour les générations futures.

C’est un travail de mémoire sur les restes d’un mur, d’une époque, d’une idéologie balayée par le temps.

Je me suis rendue sur place pour dresser en premier lieu une sorte de liste photographique quantitative de symboles forts, de lieux clés et des pans épars du murs qui subsistent encore.
Par le biais des photographies, j’ai pu recueillir les témoignages de berlinois (de l’ex-RDA et de l’ex-RFA) qui ont apportés à celles-ci, histoires, témoignages, vécus et ressentis. L’authenticité de leurs vécus, leurs témoignages permettent de mieux comprendre ce qu’était la vie à cette époque, de chaque côté du mur et surtout d’appréhender son avant et son après.

Mon travail s’articule en trois parties :
D’un côté, il rassemble plusieurs travellings qui se veulent un inventaire des restes du mur. Dont la plus grande partie restante de celui-ci : La East-Side Gallery.
Parallèlement j’ai entremêlé des photographies de symboles forts de l’époque sous forme de diptyques et de triptyques aux témoignages des berlinois.

Je m’attache donc à “sauvegarder”, à saisir et à faire perdurer l’histoire mais aussi, la petite histoire, la petite mémoire, celle de gens comme vous et moi. Une histoire, une mémoire plus intime mais aussi plus périssable.

Visionner tout le reportage : Le Mur de Berlin

Plan du parcours photographique dans la ville / Map of the photographic-walk in the town :
plan

The topic of this photographic work is motivated by the major problem of the physical disappearance of a strong place in history : the Berlin Wall. And thus could be forgotten for the next generations. It’s a memory work about the rests of a wall, a period, an ideology swept away by time.

I first went to Berlin to gather there and draw up a photographic, quantitative amount of strong symbols, key places and physical parts and pieces of the wall still subsisting.
Then, by the means of photographies, I have gathered testimonies of berliners (from ex-RDA and ex-RFA) who give histories, bodies, lives and feelings to the photographic work. The genuineness of the testimonies, of what has been lives, leads to a better understanding on how life was at this time, behind each and every side of the wall. Its before, its after.

This work is articulated in three parts :
The first part involves several travellings, meaning to be an inventory of what’s left from the wall. Among, Most of it concerns the biggest part of the wall left : the East-Side Gallery.
Alongside; I’ve intertwined photographs of what were then strong symbols,mingled with testimonies and portraits of the Berliners, in the form of diptychs and triptychs.
I’m trying to save, to let perpetuate and protect the History. But the little history as well, the little memory, the memory of people like you and me. A closer memory, a closer history, more intimate but also more perishable.

View all the photographic-report, here : Berliner Mauer

 

 

 

 2. CHYPRE; LIGNE VERTE / CYPRUS; GREEN LINE

Chypre est le dernier pays européen divisé en deux : au sud, la République de Chypre; au nord, la République Turque de Chypre Nord. Cette division de l’île est physiquement marquée par la Ligne Verte qui court sur 180 kilomètres.
Ce mur érigé entre les deux communautés chypriotes : turque et grecque est constitué de sacs de sable, de bidons, de guérites et de postes d’observation, de fils barbelés et de rues se terminant en cul-de-sac; murées ou fermées par d’énormes portes en fer.

Ce travail photographique basé sur l’exploration de la Ligne Verte a pour but d’aller à la rencontre de ces chypriotes vivant de chaque côté du Mur.

Traverser la Ligne Verte, cette frontière, cette zone tampon remplie d’un silence étrange, ce no man’s land d’herbes folles, de bâtiments en ruines criblés de balles; c’est comme remonter dans le temps et contempler l’Histoire de cette île et les blessures qui en résultent.
C’est aller vers l’inconnu : ce côté Nord que l’on croit si différent et qui peut faire peur. Pour découvrir une ville calme, ordinaire avec des maisons et des bâtiments ressemblant étonnamment à ceux du côté sud, ou chacun prend le temps de vivre et de vaquer à sa vie.

Passer cette Ligne encore et encore; du Sud au Nord, du Nord au Sud, c’est finalement se rendre compte que ces deux populations qui vivent côte-à-côte, partagent une même langue, parfois les mêmes fêtes ont toutes deux bien plus en commun qu’avec le reste du monde.

J’ai entremêlé les portraits de ces chypriotes qui au quotidien doivent vivre avec ce mur, chacun de leur côté; à des photographies documentaires se raccrochant aux symboles forts de leur Histoire. Diptyques parfois concordants parfois dissonants.

Entre absurdité, désinvolture, optimisme ou résignation ces portraits de chypriotes témoignent de la situation.

Visionner tout le reportage : Chypre; Ligne verte.

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> Reportage sponsorisé et soutenu par : Envie d’Agir, Lumen, Musée de la photographie de Graçay, Groupama Indre/Vatan, Crédit Agricole, Office du Tourisme de Vatan, Sarl Charpentier/Couvreur Yves Villaudière.

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Cyprus is the last european country divided : in the south, the Republic of Cyprus (the official republic of the island, acknowledged by the international community); in the north, the Turkish Republic of Northern Cyprus (only recognized by Turkey in the all world). This division of the island is physically marked by the Green line, which runs through 180 km.

This wall, this demilitarized area (controlled by UNFICYP) erected between the two cypriots communities : Turkish and Greek is built of sand-bags, barrels, checkpoints, observation posts, no man’s land, barded wires and cul-de-sac; walled up or closed by huge iron doors.

This photographic work based on the exploration of the Green Line aims to the meeting of these Cyprians living on each side on the Wall.

Crossing the Green line, this border, this buffer-zone filled with a strange silence, this no man’s land of wild grasses, these ruined builings riddled with bullets, feels like going back in time, and also like contemplating the History of this island and to which injuries this history led.
It’s the path to the unknown, to the northern side (of the island) that we believe so different and which could perhaps frighten us; so as to discover a quiet, ordinary town with houses and buildings which strangely look like the southern ones, and where everybody takes time to live and to attend to one’s affairs.

Crossing this line again and again, from the south to the north, from the north to the south, it’s eventually realizing that both communities living side by side, sharing a common language (english), sometimes the same celebrations, each of them have more in common that with the rest of the world.

I have intertwined portraits of these cypriots who are living daily with this wall, each of them on their side; with documentaries-photographies clinging to strong symbols of their History : diptychs sometimes concordants, sometimes discordants.
Between absurdity, casualness, optimism or resignation, these portraits of cypriots testify of the situation.

View all the photographic-report, here : Cyprus; Green line.

 

 

3. IRLANDE DU NORD; LIGNES DE PAIX /  NORTHERN IRLAND; PEACE LINES

Quel « conflit » européen dure depuis bientôt 35 ans? Je me suis rendue en Irlande du Nord, avec cette question en mémoire; colle que nous avait posé un historien quelques années plus tôt. Histoire méconnue qui a engendrée dans certaines villes la construction de murs entre les communautés catholique et protestante.

J’ai souhaité traité ce sujet des « Peace Lines » de manière beaucoup plus photo-journalistique qu’à mon habitude. Ce travail photographique s’attarde donc principalement sur la préparation de la fête orangiste protestante (chaque 12 juillet) et sur la vie des quartiers catholiques et protestants de Derry et Belfast à cette époque particulière de l’année. Dans les quartiers on se prépare à cette fête qui ravive et cristallise les tensions inter-communautaires.

Ce travail à été réalisé en juillet 2005; un mois plus tard, l’IRA annonce officiellement qu’elle dépose les armes et renonce à la lutte armée.

 

En voici un extrait :
Sinon; Visionner tout le reportage : Peace Lines.

 

Derry, une ville clé.
1921 l’Irlande acquiert son indépendance mais se divise et doit laisser au Royaume Uni six de ses comtés du Nord. La ville de Derry (en Irlande du Nord) reste donc au sein du Royaume-Uni malgré l’opposition de la majorité locale catholique qui souhaite être rattachée à l’Irlande.

Derry cristallisa bientôt le conflit entre les communautés catholiques et protestantes d’Irlande du Nord. Cette ville fut le théâtre de nombreuses manifestations et affrontements ou «Troubles» : la bataille du Bogside, le Bloody Sunday…

En effet, le quartier catholique : « The Bogside » était au centre du Mouvement pour les droits civiques de sa communauté et militait pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants. Ces mouvements furent réprimés par l’armée britannique. Rien que le nom de cette ville: « Derry » révèle toute la problématique Nord Irlandaise. En effet en 1613 «London» est accolé à «Derry». Devant un protestant vous nommerez donc la ville sous le nom de Londonderry et par égard pour un catholique vous direz simplement Derry.

Les Murals.
1980, les murals (peintures réalisées sur les pignons des maisons) se popularisent au sein des communautés catholiques d’Irlande du Nord; cette forme d’expression et de protestation permet la revendication de leurs opinions et donne au mouvement catholique un grand impact dans les médias. Ce qui provoque en retour une renaissance des murals dans les quartiers protestants.

L’engouement des deux communautés pour les murals monte en escalade, car ils leurs servent respectivement à «une guerre de la communication»; Mais, aussi, à affirmer leurs identités, leurs histoires et leurs attentes.

Peace Lines ou Lignes de Paix.
A Belfast les Lignes de Paix sont nombreuses, notemment dans l’ouest de la ville ou un mur qui a été érigé dans le but de séparer le quartier protestant : « The Shankill », du quartier catholique : « The Falls ». Quartiers qui géographiquement se jouxtaient.

Ces « peace lines » étaient là pour limiter les connexions et inter-communications, parfois violentes entre ces deux quartiers. De nombreuses lignes de paix ont été érigées en Irlande du Nord, leurs premières apparitions datent des Troubles en 1968.

Bonfires / Les bûchers protestants.
Durant le mois qui précède les marches orangistes annuelle du 12 juillet, les communautés protestantes restaurent leurs murals, repeignent les trottoirs de leurs quartiers aux couleurs de l’Union Jack ( le drapeau de la Grande-Bretagne ) : bleu, blanc, rouge; Accrochent des banderoles et drapeaux à leurs couleurs. Elles accumulent patiemment des palettes et autres objets inflammables pour construire de gigantesques bûchers: « Bonfires ». Ce sont majoritairement les enfants qui fabriquent ces Bonfires géants; Mesurant parfois plus de dix mètres de haut.

Dans la nuit du 11 au 12 juillet : « The bonfires night », à minuit très précisément; Les protestants hissent le drapeau Irlandais au sommet de ce bûcher et y mettent le feu. Cet évènement annuel, ouvre les festivités des marches orangistes qui auront lieu quelques heures plus tard dans les villes d’Irlande du Nord.

Ces célébrations annuelles protestantes (Britanniques) ravivent les tensions au sein des communautés catholiques (Irlandaises).

The Orangemen’s day / Les fêtes Orangistes.
Les défilés orangistes du 12 juillet ravivent chaque année l’antagonisme religieux en Irlande du Nord.

En effet, cette fête annuelle commémore la bataille de Boyne ou, la victoire des troupes protestantes de Guillaume d’Orange (d’où le nom de fête orangiste) sur le dernier roi catholique Jacques II et ses troupes irlandaises (1690). Le territoire irlandais devient alors britannique.

Cet évènement révèle les tensions communautaires et le poids de la mémoire historique du pays; Mémoire, toujours très sensible, surtout à ce moment de l’année… Il est parfois l’occasion d’éclatements violents. Les défilés protestants passent le long des quartiers catholiques pour rappeler leur victoire à la bataille de Boyne.

Hélicos, police, tanks de l’armée… sont donc déployés dans les rues parallèles du défilé pour le maintient de l’ordre.
Puis, les deux jours suivant, les villes restent comme en hibernation (les commerces, magasins, établissements publics… sont fermés) pour permettre le retour au calme.

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